Voeux du Président aux Personnels et aux Étudiants

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Cher.es Collègues, Cher.es Étudiant.es,

Je tiens en premier lieu à vous exprimer le plaisir réel que j’éprouve à être là parmi vous, j’allais dire parmi nous, pour cette cérémonie de vœux que je souhaite placer sous le signe du sourire, car aujourd’hui est un temps important de notre vie.

Profitons de cette rencontre, de cet instant pour se poser quelques questions.
Profitons-en pour nous interroger et savoir où en sommes-nous et où allons-nous ?

Comme vous le savez, l’Université d’Évry, notre Université vient de franchir une étape décisive de sa vie institutionnelle. Nous sommes en passe de devenir le 19ème membre de la Communauté d’Universités et d’Établissements Paris-Saclay, « cette fameuse ComUE ParisSaclay » dont on parle tant et depuis tant d’années.

La chose est actée aujourd’hui de façon informelle. Maintenant il nous faut obtenir le vote « officiel » du Conseil des Membres de la ComUE le 8 février et du Conseil d’Administration de la ComUE le 1er mars.
Sans aucune prétention et très simplement, calmement, confiant, je puis vous assurer que je ne doute pas de l’issue positive de ces deux scrutins tant notre dossier a été correctement apprécié par les membres de la ComUE. Néanmoins, et comme il en est d’usage, nous ne lèverons notre verre que le 1er mars au soir pour le symbole, pour savourer ce plaisir d’un succès mérité de tous.
Pour ce succès, vous devez savoir que nous avons jeté dans cette bataille toute notre énergie, car il a fallu démonter lentement, patiemment, présenter, défendre sur des faits la force de notre engagement de nos contributions, et parce qu’il a aussi fallu gagner aussi la bataille des cœurs en redressant une image souvent bâtie sur des a priori non fondés.

Maintenant que cela est passé, je peux vous avouer que j’ai eu peur, que j’ai éprouvé cette sorte de peur mobilisatrice que l’on ressent à la veille des grands jours, des grandes compétitions. Cet état où l’on se sent bien seul, quand bien même on sait que l’on porte le message et le destin de toute une communauté, cet état d’esprit où la notion de responsabilité prend tout son sens, parce qu’on n’a pas le droit à l’erreur.
Oui j’ai eu peur, imaginez un instant… Ne pas être membre de cette ComUE !
C’était un risque considérable et pas seulement pour notre Université mais aussi pour la ville d’Évry, sa jeunesse, sa population, avec comme conséquences à terme la fuite des talents, la baisse de qualité, le dépérissement. Car enfin pourquoi venir travailler, étudier à Évry quant au moment de choisir il aurait fallu se prononcer entre un établissement isolé -le nôtre-, et tout un ensemble choyé, bénéficiant d’une dynamique forte, impactante, structurante, et que tout cet ensemble se développe à une encablure de chez nous ?
Il ne fallait pas rater Saclay. Nous l’avons fait ! Je vous en remercie du fond du cœur.

À partir du 1er mars, nous serons donc acteur de plein droit de la ComUE. Comptez sur moi pour qu’avec ce droit nous en soyons acteur de premier plan, parce que nous portons la voix, les idées, d’une université parmi trois. Parce que nous serons enfin en capacité de mobiliser notre force, pour proposer, déployer notre imagination sur un champ large, et vous savez que notre imagination est fertile. Parce que nous ferons cela pour structurer cet espace-là de l’enseignement supérieur et de la recherche qui est si particulier, si unique en France puisque qu’il rassemble en son sein, vous le savez, une part considérable des forces française dans ces domaines.
Soyons fiers de cet acquis, fiers d’avoir su par notre travail emporter la conviction des 18 membres de la ComUE, fiers d’avoir apporté les bons arguments pour convaincre de la qualité de nos recherches, de nos formations, de la pertinence et de la justesse de notre administration.
Soyons fiers de cela car vous l’aurez compris, on ne vote pas pour l’Université d’Évry par obligation, par complaisance. On vote pour Évry parce que nous apportons un projet lisible, ambitieux, structuré et qui de plus est cohérent avec la dynamique d’ensemble de la ComUE.

Qu’apportons-nous donc à la ComUE Paris-Saclay pour que l’on ait ainsi fait l’unanimité ? Il est de mon devoir de le dire pour que tout le monde le sache.
Nous apportons 23 000 heures d’enseignement dans des Masters partagés et nous partageons nombre de ces formations avec des écoles d’ingénieur. Nous avons transféré à la ComUE l’ensemble de nos Écoles Doctorales. Nous sommes engagés dans une dynamique d’Innovation Pédagogique par notre implication dans la licence Villebon-Charpak.
Nous apportons un projet I-SITE en génomique construit et porté ici par l’Université et qui aujourd’hui prend tout son sens dans le cadre de l’ambition française de faire d’Évry un centre de référence et d’expertise en médecine personnalisée, la médecine de demain, en lien avec tout le campus d’Évry et son hôpital.
Ce que nous faisons, c’est aussi de diriger la Maison des Sciences de l’Homme de ParisSaclay, qui une structure du CNRS. C’est notre collègue Stefano BOSI, économiste, Président du Conseil Académique de l’UEVE, qui la dirige et cette maison doit devenir un des phares des Sciences Humaines en France. Ce que nous faisons c’est de candidater et d’être sélectionnés comme lauréats pour des projets de recherche labellisés et financés par l’IDEX Paris-Saclay.
C’est aussi tout le travail de l’IUT dans la construction de l’offre de Licence et DUT dans la perspective de la prochaine accréditation.
C’est enfin l’engagement de 50 de nos collègues de l’administration dans les fonctions support de Paris-Saclay.
Vous voyez l’ampleur de notre implication ! À tous les niveaux, il y a chez nous des femmes et des hommes qui proposent, qui agissent, qui montrent l’exemple.

Cette entrée dans Paris-Saclay va améliorer notre quotidien, faciliter notre devenir, renforcer nos liens et la confiance que nous accorde le territoire. C’est capital, car nous avons besoin du territoire et le territoire a besoin de nous. Pensez au développement de notre bâti, au logement, au transport, au développement économique, à l’emploi, à la sécurité.
Vous verrez des transformations positives dans les mois, les années qui viennent, je puis vous l’assurer.

J’ai beaucoup parlé de Saclay parce que, vous l’aurez compris, cela nous a tous mobilisés cette année, nous a fait plaider, courir et marcher, nous dépenser, j’allais dire presqu’autant que le Mont-Blanc !

 

Quels sont maintenant nos projets pour la vie locale dans notre établissement ?

Notre engagement fort est d’améliorer la qualité de vie, de travail, en réalisant une série de travaux d’aménagements et qui sont aussi nécessaires à la réussite étudiante. C’est tout le sens des réflexions et actions en cours avec les services. Cela concerne la poursuite des travaux initiés dans le cadre du CPER, qu’il s’agisse de la deuxième tranche de l’IUT « les passages », du lancement des études du bâtiment dit SHS-Learning center et de de la rénovation de Maupertuis. Nous sommes mobilisés sur ces trois fronts.

Nous sommes aussi très engagés pour peupler les espaces qui séparent ici les bâtiments pour créer ce que j’appelle le « Forum des Arts et Sciences ». Nous avons d’ores et déjà formulé et structuré nos besoins, réalisé une étude de faisabilité dont les résultats ont été analysés. Demain, au mois de mai, se tiendra ici à Évry un atelier de travail sous l’égide de la Chaire « WAT-Unesco » de l’Université de Montréal qui nous fera une dizaine de propositions architecturales et urbanistiques d’aménagement de ces espaces en tenant compte de nos besoins, de ceux de la ville et de la sociologie locale. Nous choisirons ensuite avec la ville d’Évry le projet qui nous convient et qui correspond le mieux à nos besoins et attentes.
Le but, vous le savez, est de créer des lieux de vie, d’échanges entre travailleurs et usagers de l’Université, mais aussi des lieux de perméabilité entre la ville et le monde universitaire, des lieux où l’on pourra faire voir nos travaux, notre offre de formation, nos projets afin qu’on en parle loin d’ici, en France, et dans le monde.
Je remercie sincèrement le Maire d’Évry, Francis CHOUAT, et Président de l’agglomération, d’avoir cru à ce projet et de s’y être associé avec enthousiasme pour le porter avec nous. Vous l’aurez compris, cette opération est structurante pour l’Université et la ville, pour notre attractivité commune.
Mais je veux que l’on aille plus loin !
Je veux entraîner la ville et nos partenaires de l’enseignement supérieur ainsi que le Théâtre de l’Agora, pour que l’on crée à Évry la « Rue des Lumières », une rue des sourires et de la vie dont le forum de l’Université sera la tête de pont, le navire amiral !
L’idée est de créer et de faire courir une rue, cette « rue des lumières », à partir de notre Université jusqu’au Genopole en passant par le Théâtre de l’Agora, l’ENSIIE, le campus TEM/TSP, le bâtiment IBGBI, l’Institut de génomique, le stade Thoison, le quartier des Épinettes et le Genocentre.
Je suis convaincu que cette « Rue des lumières » est l’espace qu’il nous faut pour que se déploie un esprit nouveau à Évry. Cette rue, assise sur les acquis du siècle des lumières, doit être la rue de la pensée, de la création et du bien-être, la rue du mariage subtil de lieux d’enseignement, d’ateliers, de lieux de créativité et de création, de lieux de spectacle, de lieux d’échange et de sports. Une rue conçue dans un contexte moderne de lumière, pleine d’attraits, pleine d’atours.

Vous voyez qu’il se passe toujours quelque chose à Évry !

Permettez-moi enfin de vous présenter quelques vœux pour cette année qui s’ouvre.

Bien sûr j’aimerais vous souhaiter du bonheur, tout simplement. Tout serait dit et je pourrais partir, déjà partir…

Se souhaiter, nous souhaiter du bonheur, du baume au cœur… Évidemment ! Qui souhaiterait souhaiter autre chose ? Mais qu’est-ce que donc que le bonheur ? Qui peut le définir ? Combien pèse-t-il ?

On dit que l’âme pèserait 21 grammes, mais le bonheur, combien de grammes ? Combien de grammes devons-nous nous souhaiter ?

Et le bonheur, est-ce une chose qui traverse les âges et que l’on pourrait plaquer sur toute réalité ? Selon un schéma convenu d’avance, universel qui serait vrai à toutes les époques ? Qui serait vrai même à notre époque si chahutée que parfois certains pourraient perdre confiance ?

Alors donc, se souhaiter le bonheur, évidemment, mais voyez, la chose n’est pas si simple. Mais rassurez-vous, nous, à l’Université nous avons l’habitude de manier la complexité… Et d’ailleurs… cela fait notre bonheur !

Je crois pour ma part que le bonheur résulte d’une somme de faits, de gestes, d’actes qui deviennent bonheur parce qu’ils sont inscrits dans un contexte qui donne tout le sens à l’action. Et là, nous comprenons que si l’on veut traduire ce vœu de bonheur en réalité tangible, notre responsabilité est d’agir pour que nos actes, nos gestes aient un sens parce que le contexte sera compris et partagé. Toute notre ambition, toute notre responsabilité à la tête de l’établissement est de faire en sorte que chacune et chacun trouve du sens, donne du sens à sa vie professionnelle.
Pour nous, le sens de nos actions ici dans l’Université, c’est d’être là pour la jeunesse, pour nos enfants et pour la France. Pour l’avenir de la France, car cet avenir n’est pas dissociable du devenir des étudiants et que l’avenir de notre pays est lié à celui des avancées de la recherche.
Nous nous engageons ainsi à mettre plus de moyens pour la qualité des formations en créant une direction de la formation et de la vie étudiante pour faciliter l’ensemble de ces missions.
Nous nous engageons à mettre encore plus de moyens pour la recherche, comme nous l’avons fait ces deux dernières années, pour donner plus d’espace, plus de liberté à une recherche non finalisée, à une recherche plus intellectuelle.

Et je voudrais que chacune et chacun soit convaincu, quelle que soit sa position dans l’établissement, que ses faits et actes s’inscrivent bien dans ce contexte qui est capital, dans cette mission supérieure et de grande valeur morale pour l’unité de notre pays et son avenir. Quel serait l’avenir d’un pays sans formation et sans recherche ?

Je vous souhaite donc, étant engagés ici à Évry, avec ce sens, de connaître le plaisir de voir se déclencher dans les yeux de vos étudiants des pétillements, chez eux qui découvrent la vie, la vraie vie, pour que grâce à vos lumières ils comprennent et acquièrent le sens, l’expérience, la maturité pour ne JAMAIS tomber dans l’aliénation. Et que, en partie grâce à votre engagement, ces jeunes atteignent pleinement « l’âge d’homme » comme le décrit si bien l’écrivain sud-africain John Coetzee, prix Nobel de littérature 2003.

Je vous souhaite aussi d’éprouver de l’émotion et des frissons dans vos actions quotidiennes. L’émotion, le frisson de la découverte d’une belle équation, d’un bel algorithme ; de la construction d’un bel objet ; de la solution d’un problème complexe ; de la découverte d’un mécanisme biologique ; du succès aux épreuves sportives et collectives. Et aux étudiants je souhaite l’émotion, le frisson d’une année qui s’achève sur de nouveaux horizons.

À tous nos collègues et étudiants endeuillés cette année, je souhaite de tout mon cœur, de trouver la parole qui apaise, la compréhension et le réconfort, la vraie consolation pour que reparte la vie, car oui… la vie continue.

Je souhaite à chacune à chacun dans son quotidien, ici, de trouver une main ouverte, un regard attentif dans son cadre professionnel pour le mieux-être au travail qui est source d’épanouissement. Ainsi je demande à chacune, à chacun que, bien sûr en respectant les règles fixées, l’on se montre et se conduise en être humain dans la réalisation de ses missions.

Je souhaite enfin à chacune et chacun de recevoir la douceur infinie qu’apporte la tendresse des proches, cette vague de tendresse, tempo de nos cœurs, marée montante qui met en musique notre volonté de changer le monde.

Vous l’aurez compris, je souhaite voir dans les mille yeux qui me regardent là tout de suite, mille soleils levant, ces soleils des matins qui chantent, des matins du monde. Et que vous sentiez que vous êtes la force, le « Soleil Levant de Paris-Saclay ».

Je vous souhaite une très bonne année 2017.

Patrick CURMI

Évry, le 19 janvier 2017

 


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