L’Université d’Evry, chaînon de la lutte contre le cancer

En 2015, le cancer représente toujours la première cause de mortalité en France, devant les maladies cardio-vasculaires. Selon les données de la Ligue contre le cancer, 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 seront touchés par un cancer avant leurs 85 ans.

La recherche progresse chaque jour, et l’Université d’Evry participe à ces avancées, grâce au traitement des images et à la fabrication de nanodiamants. Explications.

Patrick CURMI

Patrick CURMI

Vincent VIGNERON

Vincent VIGNERON

Comment le traitement de l’image intervient-il dans l’étude des cellules cancéreuses et de leur migration ?

Vincent Vigneron, Maître de Conférences HDR en Mathématiques Appliquées, laboratoire IBISC* :

 

« Le traitement d’image est un outil mathématique qui permet de rendre automatiques à la fois la détection et l’identification des cellules. L’homme est capable de faire ce travail, mais la précision du comptage (une lame peut contenir près de 2000 cellules) et son caractère répétitif peuvent le rendre sujet à l’erreur.  L’idée est donc de développer une machine automatique, qui reproduise ce travail de façon plus rapide et plus efficace. Cela nous permet ainsi de déterminer plus aisément si un environnement artificiellement posé favorise ou non la migration cellulaire.» 

 

Quel est l’intérêt des nanodiamants dans la recherche contre le cancer ?

Patrick Curmi, Directeur de recherche INSERM, Docteur en Médecine et Docteur ès Sciences, laboratoire SABNP**

« Grâce à sa petite taille, invisible à l’œil nu, le nanodiamant peut aller au cœur des cellules. Etant composé de carbone, le composé principal des constituants de la vie, il peut être marié avec une biomolécule. De plus, en introduisant volontairement des défauts dans les nanodiamants au cours de leur fabrication, nous parvenons à les rendre fluorescents, et donc identifiables sur le très long terme.

 Dans ce contexte, pour les utiliser à des fins de recherche pour le cancer, il faut opérer un greffage de molécules en surface, qui vont avoir plusieurs fonctions : d’adressage, pour rejoindre l’endroit indiqué (par exemple une cellule tumorale), et de transporteur, pour acheminer un médicament toxique, ou une molécule capable de déclencher l’apoptose, la mort cellulaire programmée. »

 

Ces résultats pourront-ils un jour être commercialisés pour le grand public ?

Patrick Curmi, Directeur de recherche INSERM, Docteur en Médecine et Docteur ès Sciences, laboratoire SABNP**

« Pour cela, nous avons créé en avril 2014 l’entreprise DiamLite, labellisée Genopole. C’est le bras armé du laboratoire : c’est elle qui va commercialiser les nanodiamants pour les organismes de recherche et développement intéressés par ces capacités.

Mais avant d’arriver chez l’Homme, il faudra suivre un long processus de validation, pour prouver l’intérêt du produit et son absence de nocivité à long terme. Ces questions, qui entrent dans le champ du médicament, ne sont pas de la compétence de DiamLite, et devront donc se développer grâce à des partenariats.»

*Informatique Biologie Intégrative et Systèmes Complexes

**Structure Activité des Biomolécules Normales et Pathologiques


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